Des perroquets dans mon arbre parisien !?

Parfois, on a des certitudes dans la vie. Et parfois, on se trompe. Si on me dit oiseau à Paris, je ne pense pas à des perroquets. Je pense à un pigeon. C'est pour cela que lorsque j'en ai entendu puis vu dans un arbre Parisien, je me suis posé des questions...

En fait de perroquets, ce sont des perruches.

Un matin de grasse matinée, après le lever, j'ai ouvert la fenêtre pour aérer. L'esprit encore un peu embrumé, un bruit étonnant attire mon attention vers l'extérieur. J'y vois un volatile inhabituel, au bec rouge et au plumage vert. Je n'ai jamais vu de pigeon aux plumes vertes. D'ailleurs, la dernière fois que j'ai vu un oiseau de ce type, c'était dans un film de pirate, et il s'agissait d'un perroquet sur l'épaule du capitaine.

Ni une ni deux, je prends mon appareil photo pour conserver une trace de cette rencontre pour l'instant inhabituelle. Une focale fixe de 50mm est montée, tant pis, ce sera un peu lointain. Le temps de jouer rapidement sur le fond blanc de l'immeuble derrière et de la brume, et ils sont dans la boite.

 

Puisqu'ils ne semblent pas vouloir partir, c'est le moment de ressortir cette bonne vieille optique Minolta, une focale fixe de 500mm f/8. Oui, c'est bien F/8, pas F/2.8, vous avez bien lu, il va falloir monter la sensibilité en plein jour !

 

Un tour sur les réseaux sociaux m'apprendra que ces volatiles ne sont pas des perroquets. Ce sont en fait des perruches à collier.

Mais d'où viennent ces perruches à collier ?

J'ai commencé par me dire que ces perruches s'étaient échappées d'une animalerie pas loin de chez moi. Ou alors qu'un propriétaire les laissait parfois sortir et qu'elles allaient rentrer chez elles tranquillement. Dans tous les cas, j'avais un peu peur qu'elles ne survivent pas, car il faisait froid ce matin là.

 

Mais en réalité, ces perruches sont présentes en île de France depuis les années 70. C'est à l’aéroport d'Orly qu'une cinquantaine de perruches se sont échappées de leur container. De ce fait, elles n'ont jamais rejoint les cages des animaleries, et ont tranquillement colonisé la région. Par la suite, d'autres perruches se sont échappées de l'aéroport de Charles de Gaulle. De plus, ces perruches ont une durée de vie d'une quarantaine d'années. Parfois, elles survivent à leur propriétaire, les héritiers laissent alors s'échapper ces animaux. Coup de chance, elles ont su s'adapter. Je ne suis pas sur de ce qu'il arriverait à mon chat si il venait à se retrouver seul face à la nature. Au contraire, je pense que ses capacités à miauler pour réclamer des croquettes se retourneraient contre lui...

Est-ce que cela va continuer ?

Aujourd'hui, on estime qu'il y a en région parisienne entre 8000 et 10000 perruches en liberté. L'espèce se développe dans la région, et cette vision étonnante que j'ai eu par la fenêtre deviendra bientôt la norme. Je ne donne pas longtemps avant que certains parisiens ne pestent contre les pépiements de perruches !

Ceci fait se poser quelques questions, toutefois : est-ce que ce développement d'une nouvelle espèce ne se fait pas au détriment de l'écosystème actuel ? Un peu comme les tortues relâchées par leurs propriétaires, qui détruisent l'écosystème naturel en écrasant les espèces en place.

Et vous, avez-vous déjà vu une perruche près de chez vous ?

2 commentaires

  1. Evelyne Untibebe 28 janvier 2018
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    Je t’avoue que je suis particulièrement étonnée ! J’avais été étonnée de croiser la route de mouettes à Paris avant d’apprendre qu’il y en avait plein dans le coin… Mais pour l’instant pas croisé de perruche. Du coup si j’en croise, je saurais. Mais comme toi j’aurais été particulièrement étonnée et aurais pensé à un volatile égaré par ses propriétaires.

    • Mérirê 29 janvier 2018
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      Oui c’est un peu étonnant… Mais voilà, le climat change un peu, et l’écosystème évolue. Il s’adapte, peut être même mieux que nous tout compte fait !

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